Découvrir l'oraison

Tu désires prier?

Quelques façons de décrire la réalité de l'oraison...

Dans plusieurs langues, un même mot est utilisé pour dire « oraison » ou « prière ».

Pourtant le mot « oraison » a un sens propre qu'il convient de distinguer.

A ce propos, on peut aussi lui préférer d'autres termes comme :

« prière du coeur »,

« prière intérieure »,

« prière personnelle »,

« prière silencieuse »,

« prière mentale »...

--- 

Thérèse d'Avila

  L’oraison est « une amitié intime, un entretien fréquent, seul à seul, avec Celui dont nous nous savons aimés »(Vie 8,5).

 

Thérèse de l'Enfant-Jésus

  « Pour moi, la prière c'est un élan du coeur, c'est un simple regard jeté vers le ciel, c'est un cri de reconnaissance et d'amour au sein de l'épreuve comme au sein de la joie » (Manuscrits autobiographiques C,25r).

 

Charles de Foucauld

 « Prier, c'est penser à Dieu en l'aimant. »

 

Jean Damascène

« La prière est l'élévation de l'âme vers Dieu ou la demande des biens convenables » (De fide orthodoxa 3,24)

 

L'oraison pourquoi et comment?

L'oraison pour découvrir l'Amour premier de Dieu

 Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est Amour. En ceci s'est manifesté l'amour de Dieu pour nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par lui. En ceci consiste l'amour : ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c'est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés (1 Jn 4,8-10).

 

L'oraison pour répondre à l'amour de Dieu

Comme l'exprime le premier commandement :

Dt 6,4-7 :

Ecoute, Israël: le Seigneur notre Dieu est l'Unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir. Que ces paroles que je te dicte aujourd'hui restent dans ton coeur! Tu les répéteras à tes fils, tu les leur diras aussi bien assis dans ta maison que marchant sur la route, couché aussi bien que debout.

 

L'oraison pour développer aussi l'amour pour le prochain

Jésus a rappelé le premier commandement en ajoutant...

Le second lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. A ces deux commandements se rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes (Mt 22,38-40).

 

Voici quel est mon commandement: vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés (Jn 15,12).

 

L'oraison permet d'aimer les autres de l'amour dont nous sommes aimés par le Seigneur.

 

"Prier en esprit et en vérité"

En annonçant la venue de son Esprit, Dieu promettait déjà le don de l'oraison.

Ez 36,25-28 :

Je répandrai sur vous une eau pure et vous serez purifiés; de toutes vos souillures et de toutes vos ordures je vous purifierai. Et je vous donnerai un coeur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau, j'ôterai de votre chair le coeur de pierre et je vous donnerai un coeur de chair. Je mettrai mon esprit en vous et je ferai que vous marchiez selon mes lois et que vous observiez et pratiquiez mes coutumes. Vous habiterez le pays que j'ai donné à vos pères. Vous serez mon peuple et moi je serai votre Dieu.

 

Jésus a annoncé « la prière en Esprit »

Jn 4,23 :

(…) l'heure vient - et c'est maintenant - où les véritables adorateurs adoreront le Père dans l'esprit et la vérité, car tels sont les adorateurs que cherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui adorent, c'est dans l'esprit et la vérité qu'ils doivent adorer.

 

Jn 7,37-39 :

(...) Jésus, debout, s'écria : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive, celui qui croit en moi ! » selon le mot de l'Ecriture : De son sein couleront des fleuves d'eau vive. Il parlait de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui avaient cru en lui ; car il n'y avait pas encore d'Esprit, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié.

 

Jn 4,14 :

Qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif; l'eau que je lui donnerai deviendra en lui source d'eau jaillissant en vie éternelle.

 

Jésus a enseigné la prière en Esprit

Lc 11,1-4 :

Et il advint, comme il était quelque part à prier, quand il eut cessé, un de ses disciples lui dit: "Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l'a appris à ses disciples."

Il leur dit: "Lorsque vous priez, dites: Père, que ton Nom soit sanctifié; que ton règne vienne; donne-nous chaque jour notre pain quotidien; et remets-nous nos péchés, car nous-mêmes remettons à quiconque nous doit; et ne nous soumets pas à la tentation."

 

Lc 11,9-13 :

Et moi, je vous dis: demandez et l'on vous donnera; cherchez et vous trouverez; frappez et l'on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit; qui cherche trouve; et à qui frappe on ouvrira.

Quel est d'entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui, à la place du poisson, lui remettra un serpent? Ou encore s'il demande un œuf, lui remettra-t-il un scorpion?

Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui l'en prient!

 

Jn 14,21-23 :

Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui-là qui m'aime; or celui qui m'aime sera aimé de mon Père; et je l'aimerai et je me manifesterai à lui.

Judas - pas l'Iscariote - lui dit: 'Seigneur, et qu'est-il advenu, que tu doives te manifester à nous et non pas au monde?'

Jésus lui répondit: Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui.

 

L'oraison ne s'identifie pas purement et simplement à la prière

Henri Caffarel :

« L'oraison s'apparente à (...) différentes formes de prière, mais elle n'en a pas moins un caractère propre. Elle est la prière individuelle, intérieure, prolongée. Elle va d'abord à Dieu pour Dieu. Elle recherche la présence et la connaissance de Dieu, elle s'ouvre à son action et à son amour, elle aspire à la communion avec lui. L'oraison, comme toute relation d'amour de personne à personne, est une réalité à la fois simple et complexe, à la portée de tous (...). »

L'oraison est « rencontre du Christ et du chrétien. Si je parle du Christ plutôt que de Dieu, c'est parce que Dieu a voulu se faire connaître par et dans le Christ.

Le Christ est venu nous attacher à lui afin de nous conduire avec lui et en lui au Père, de nous faire pénétrer au plus profond du mystère de Dieu » (Cinq soirées sur la prière intérieure, ch. 1-2).

 

Jean Lafrance :

« Il faut bien voir la différence qu'il y a entre la prière et l'oraison, entre l'invocation du nom et la découverte du visage du Père des cieux. Invoquer le Père est une chose, découvrir expérimentalement qu'il est le Père en étant en relation avec lui est une autre chose. C'est toute la différence qu'il y a entre la prière et l'oraison, qu'il ne faut pas confondre. Normalement, la prière, si elle est confiante, humble et persévérante, doit mener à l'oraison, mais elle ne s'identifie jamais avec elle. C'est pourquoi le Christ nous demande de commencer le Pater en invoquant le nom du Père afin que son visage s'illumine en nous et que nous puissions entrer en dialogue avec lui. En ce sens l'oraison ne s'identifie avec aucune autre forme de prière, qu'il s'agisse de la méditation, de la prière vocale, de la récitation de l'office ou de la participation à l'Eucharistie. Elle peut les imprégner toutes comme une onction d'huile imprègne une étoffe et il est même souhaitable qu'il en soit ainsi, sinon la prière devient machinale et routinière, mais l'oraison transcende toutes les formes de prière et ne s'identifie avec aucune d'elles » (Notre Père, 2. Le don de l'oraison, ch. 1,1).

Des clés pour prier

7 clefs

Pouvoir pratiquer ou non une méthode d'oraison ne signifie pas que l'on sache ou non prier.

Avant de s'occuper des méthodes, absentes dans la Bible, entendons ce que celle-ci enseigne sur la réalité de cette prière, spécialement en la personne de Jésus.

Elle enseigne en effet quelques « principes de base » sans lesquels on bâtirait sa prière sur le sable. Ces principes sont comme « des clés » de « la porte étroite » par laquelle seule on entre dans la vie d'oraison.

Jésus enseigne des attitudes absolument nécessaires à la pratique de ce qu'on désigne aujourd'hui par « l'oraison ». Sans prétendre être exhaustif ou systématique, voici sept « clés » de son enseignement...

 

1. Prier avec le coeur, croire, espérer, aimer

2. Reconnaître son impuissance à prier

3. Invoquer le Saint-Esprit et se laisser conduire par lui

4. Ecouter le Christ et se joindre à sa prière

5. Vivre en enfant du Père. Humble et confiant sous regard

6. Aimer les autres comme Jésus nous a aimés

7. Toujours prier sans jamais se décourager

Prier avec le coeur, croire, espérer, aimer

 

Mt 6, 6 :

Pour toi, quand tu veux prier, retire-toi dans ta chambre la plus retirée, verrouille ta porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret (...).

 

Pr 4, 23 :

Plus que sur toute chose, veille sur ton coeur, c'est de lui que jaillit la vie.

 

Me prêter à cette volonté de prier qui m'habite...

 

Me retirer souvent dans le silence et la solitude, en cherchant les meilleures conditions physiques, corporelles et matérielles. Ce n'est pas seulement une attitude dans tout ce que je vis (« moi, je prie tout le temps ! »), mais ce sont des moments et des lieux que je consacre explicitement à cet exercice, comme l'a fait Jésus.

 

Mais je me recueille aussi dans « le lieu du coeur »... M'y exercer, en demander la grâce...

« Verrouillage » au sens matériel mais aussi psychologique (autant que possible).

Sans m'attarder trop longtemps dans les préparations psychologiques (comme dans certaines techniques non chrétiennes) car le Père est là dans le secret!

L'exercice régulier de ce retrait, avec la grâce de Dieu, nous apprend avec le temps à nous recueillir plus rapidement et plus profondément.

 

1 Th 1, 2-3 :

Nous rendons continuellement grâce à Dieu pour vous tous quand nous faisons mention de vous dans nos prières ; sans cesse, nous gardons le souvenir de votre foi active, de votre amour qui se met en peine, et de votre persévérante espérance en notre Seigneur Jésus Christ, devant Dieu notre Père, sachant frères aimés de Dieu, qu’il vous a choisis.

 

Le « coeur », centre de notre être, vit la relation avec Dieu au rythme de la foi, de l'espérance et de la charité.

La vie d'oraison commence quand s'exercent ces trois vertus « théologales », en tant qu'elles unissent à Dieu.

Croire en Dieu qui nous parle, l'écouter, lui obéir, persévérer dans la foi au milieu des difficultés (espérance), se laisser transformer par celui qui nous aime et nous apprend à aimer de façon effective (charité).

 

Catéchisme de l'Eglise Catholique

2697 La prière est la vie du cœur nouveau. Elle doit nous animer à tout moment. Or nous oublions Celui qui est notre Vie et notre Tout. C'est pourquoi les Pères spirituels, dans la tradition du Deutéronome et des prophètes, insistent sur la prière comme "souvenir de Dieu" réveil fréquent de la "mémoire du cœur": "Il faut se souvenir de Dieu plus souvent qu'on ne respire" (S. Grégoire de Naz., or. theol. 1, 4: PG 36, 16B). Mais on ne peut pas prier "en tout temps" si l'on ne prie pas à certains moments, en le voulant: ce sont les temps forts de la prière chrétienne, en intensité et en durée.

2709 L'oraison cherche "celui que mon cœur aime" (Ct 1, 7; cf. Ct 3, 1-4). C'est Jésus, et en lui, le Père. Il est cherché, parce que le désirer est toujours le commencement de l'amour, et il est cherché dans la foi pure, cette foi qui nous fait naître de lui et vivre en lui. On peut méditer encore dans l'oraison, toutefois le regard porte sur le Seigneur.

2710 (...) Le cœur est le lieu de la recherche et de la rencontre, dans la pauvreté et dans la foi.

2711 L'entrée en oraison est analogue à celle de la Liturgie eucharistique: "rassembler" le cœur, recueillir tout notre être sous la mouvance de l'Esprit Saint, habiter la demeure du Seigneur que nous sommes, éveiller la foi pour entrer en la Présence de Celui qui nous attend, faire tomber nos masques et retourner notre cœur vers le Seigneur qui nous aime afin de nous remettre à Lui comme une offrande à purifier et à transformer.

 

 

Reconnaître son impuissance à prier par soi-même

Les difficultés de la prière sont réelles et nombreuses, il ne faut pas les minimiser. Mais on se sent vite bloqué par des problèmes matériels et psychiques : problème de temps ou d'espace, de concentration, d'envie, ou de savoir ce qu'il faut dire ou faire.

Pourtant, la difficulté est encore plus fondamentale !

Le coeur a besoin d'être purifié pour être en relation avec Dieu : replié pour une part sur lui-même, il a besoin d'un retournement qui dépasse tous les efforts humains. Il a besoin de Dieu Sauveur !

Au lieu de prétexter au nom de problèmes « périphériques » qu'il est difficile ou impossible de prier, si je présentais d'abord tout simplement mon coeur devant Dieu mon Père, avec mon incapacité « radicale » à prier, avec mes limites, ma misère, mais aussi ma confiance en lui, en sa bonté, en sa puissance ? On ne prie pas sans humilité ni sans pauvreté.

  

Lc 18,9-14 :

Il dit encore, à l'adresse de certains qui se flattaient d'être des justes et n'avaient que mépris pour les autres, la parabole que voici:

Deux hommes montèrent au Temple pour prier; l'un était Pharisien et l'autre publicain.

Le Pharisien, debout, priait ainsi en lui-même: Mon Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères, ou bien encore comme ce publicain; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que j'acquiers.

Le publicain, se tenant à distance, n'osait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine, en disant: Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis!

Je vous le dis: ce dernier descendit chez lui justifié, l'autre non. Car tout homme qui s'élève sera abaissé, mais celui qui s'abaisse sera élevé."

 

Lc 10, 21 :

Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits.

Invoquer le Saint-Esprit et se laisser guider par lui

La prière n'est ni facile ni difficile !

Qui essaie d'y persévérer en fait rapidement l'expérience.

La prière est tout simplement impossible aux hommes !

Mais elle est un don de Dieu offert gracieusement à qui le demande !

 

Lc 11, 9-13 :

Et moi, je vous dis: demandez et l'on vous donnera; cherchez et vous trouverez; frappez et l'on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit; qui cherche trouve; et à qui frappe on ouvrira. Quel est d'entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui, à la place du poisson, lui remettra un serpent? Ou encore s'il demande un œuf, lui remettra-t-il un scorpion? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui l'en prient!

 

Rm 8, 26-28 :

(...) l'Esprit vient au secours de notre faiblesse; car nous ne savons que demander pour prier comme il faut; mais l'Esprit lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables, et Celui qui sonde les cœurs sait quel est le désir de l'Esprit et que son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu. Et nous savons qu'avec ceux qui l'aiment, Dieu collabore en tout pour leur bien, avec ceux qu'il a appelés selon son dessein.

 

Jean-Marie Vianney :

« Nous avions mérité de ne pas prier, mais Dieu nous a fait le don de la prière. »

« L'homme est un pauvre qui a besoin de tout demander à Dieu. »

 

Jean Lafrance :

« S'il fallait trouver une image qui approche le mieux ce mystère de l'oraison, je comparerais l'homme qui prie, en attendant que lui soit fait le don de l'oraison, au chien qui attend le retour de son maître. C'est la meilleure image de l'oraison car attendre est à peu près la seule chose valable que nous puissions faire en attendant le retour du Maître » (Notre Père, 2. Le don de l'oraison, 1,8).

Ecouter le Christ, se joindre à sa prière

Dans l'oraison, on cherche davantage à écouter Dieu qu'à lui adresser des paroles.

C'est une attitude de fond de l'homme d'oraison.

Durant les temps de prière eux-mêmes, le « Livre » de la Parole apparaît souvent irremplaçable.

Ecouter, c'est accueillir la Personne du Christ, Verbe de Dieu, qui transforme notre coeur et se fait « chair » en nous.

L'oraison est aussi la quête d'un échange de regards.

 

Le Christ est le parfait Orant en qui les chrétiens doivent déposer leur prière.

Il les invite à se joindre à lui et à adresser toute prière « en son Nom », c'est-à-dire dans la puissance que Celui-ci recèle.

 

Ecouter le Christ

 

Mc 9,7

(…) une nuée survint qui les prit sous son ombre, et une voix partit de la nuée: "Celui-ci est mon Fils bien-aimé; écoutez-le."

 

Rm 10,14.17

(…) comment l'invoquer sans d'abord croire en lui? Et comment croire sans d'abord l'entendre? Et comment entendre sans prédicateur? (…) Ainsi la foi naît de la prédication et la prédication se fait par la parole du Christ.

 

Lc 8, 11-15.18-21

"Voici (…) ce que signifie la parabole: La semence, c'est la parole de Dieu. Ceux qui sont au bord du chemin sont ceux qui ont entendu, puis vient le diable qui enlève la Parole de leur coeur, de peur qu'ils ne croient et soient sauvés. Ceux qui sont sur le roc sont ceux qui accueillent la Parole avec joie quand ils l'ont entendue, mais ceux-là n'ont pas de racine, ils ne croient que pour un moment, et au moment de l'épreuve ils font défection. Ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui ont entendu, mais en cours de route les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie les étouffent, et ils n'arrivent pas à maturité. Et ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la Parole avec un coeur noble et généreux, la retiennent et portent du fruit par leur constance (…).

Prenez (…) garde à la manière dont vous écoutez! (…). Sa mère et ses frères vinrent alors le trouver, mais ils ne pouvaient l'aborder à cause de la foule. On l'en informa: "Ta mère et tes frères se tiennent dehors et veulent te voir." Mais il leur répondit: "Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique."

 

Lc 10, 38-42

Comme ils faisaient route, il entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison. Celle-ci avait une sœur appelée Marie, qui, s'étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe, elle, était absorbée par les multiples soins du service. Intervenant, elle dit: "Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur me laisse servir toute seule? Dis-lui donc de m'aider." Mais le Seigneur lui répondit: "Marthe, Marthe, tu te soucies et t'agites pour beaucoup de choses; pourtant il en faut peu, une seule même. C'est Marie qui a choisi la meilleure part; elle ne lui sera pas enlevée."

 

Se joindre à sa prière

 

Lc 9, 28-36

Or il advint (…) que, prenant avec lui Pierre, Jean et Jacques, il gravit la montagne pour prier. Et il advint, comme il priait, que l'aspect de son visage devint autre, et son vêtement, d'une blancheur fulgurante. Et voici que deux hommes s'entretenaient avec lui: c'étaient Moïse et Elie qui, apparus en gloire, parlaient de son départ, qu'il allait accomplir à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil. S'étant bien réveillés, ils virent sa gloire et les deux hommes qui se tenaient avec lui. Et il advint, comme ceux-ci se séparaient de lui, que Pierre dit à Jésus: "Maître, il est heureux que nous soyons ici; faisons donc trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie": il ne savait ce qu'il disait. Et pendant qu'il disait cela, survint une nuée qui les prenait sous son ombre et ils furent saisis de peur en entrant dans la nuée. Et une voix partit de la nuée, qui disait: "Celui-ci est mon Fils, l'Elu, écoutez-le." Et quand la voix eut retenti, Jésus se trouva seul. Pour eux, ils gardèrent le silence et ne rapportèrent rien à personne, en ces jours-là, de ce qu'ils avaient vu.

 

Mt 26,36-38

Alors Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani, et il dit aux disciples: "Restez ici, tandis que je m'en irai prier là-bas."

Et prenant avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, il commença à ressentir tristesse et angoisse.

Alors il leur dit: "Mon âme est triste à en mourir, demeurez ici et veillez avec moi."

 

Jn 15,7; 16,23-24

Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l'aurez. (...)

En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. Jusqu'à présent vous n'avez rien demandé en mon nom; demandez et vous recevrez, pour que votre joie soit complète.

 

He 7,24-25

(…) du fait qu'il demeure pour l'éternité, [Jésus] a un sacerdoce immuable. D'où il suit qu'il est capable de sauver de façon définitive ceux qui par lui s'avancent vers Dieu, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur.

 

He 9,24

Ce n'est pas (…) dans un sanctuaire fait de main d'homme (...) que le Christ est entré, mais dans le ciel lui-même, afin de paraître maintenant devant la face de Dieu en notre faveur.

 

Catéchisme de l'Eglise Catholique

2715 La contemplation est regard de foi, fixé sur Jésus. "Je l'avise et il m'avise", disait à son saint curé le paysan d'Ars en prière devant le Tabernacle. Cette attention à Lui est renoncement au "moi". Son regard purifie le cœur. La lumière du regard de Jésus illumine les yeux de notre cœur; elle nous apprend à tout voir dans la lumière de sa vérité et de sa compassion pour tous les hommes. La contemplation porte aussi son regard sur les mystères de la vie du Christ. Elle apprend ainsi "la connaissance intérieure du Seigneur" pour l'aimer et le suivre davantage (cf. S. Ignace, ex. spir. 104).

2716 L'oraison est écoute de la Parole de Dieu. Loin d'être passive, cette écoute est l'obéissance de la foi, accueil inconditionnel du serviteur et adhésion aimante de l'enfant. Elle participe au "oui" du Fils devenu Serviteur et au "fiat" de son humble servante.

2717 L'oraison est silence, ce "symbole du monde qui vient" (S. Isaac de Ninive, tract. myst. 66) ou "silencieux amour" (S. Jean de la Croix). Les paroles dans l'oraison ne sont pas des discours mais des brindilles qui alimentent le feu de l'amour. C'est dans ce silence, insupportable à l'homme "extérieur", que le Père nous dit son Verbe incarné, souffrant, mort et ressuscité, et que l'Esprit filial nous fait participer à la prière deJésus.

2718 L'oraison est union à la prière du Christ dans la mesure où elle fait participer à son Mystère. Le Mystère du Christ est célébré par l'Eglise dans l'Eucharistie, et l'Esprit Saint le fait vivre dans l'oraison, afin qu'il soit manifesté par la charité en acte.

2719 L'oraison est une communion d'amour porteuse de Vie pour la multitude, dans la mesure où elle est consentement à demeurer dans la nuit de la foi. La Nuit pascale de la Résurrection passe par celle de l'agonie et du tombeau. Ce sont ces trois temps forts de l'Heure de Jésus que son Esprit (et non la "chair qui est faible") fait vivre dans l'oraison. Il faut consentir à "veiller une heure avec lui" (cf. Mt 26, 40).

 

 

Vivre en enfant du Père, humble et confiant sous son regard

 

Lc 18,16-17 :

(…) Jésus appela à lui ces enfants, en disant: "Laissez les petits enfants venir à moi, ne les empêchez pas; car c'est à leurs pareils qu'appartient le Royaume de Dieu. En vérité je vous le dis: quiconque n'accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant n'y entrera pas." 

Mt 6,6-8 :

Pour toi, quand tu veux prier, retire-toi dans ta chambre la plus retirée, verrouille ta porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.

 Dans vos prières, ne rabâchez pas comme les païens: ils s'imaginent qu'en parlant beaucoup ils se feront mieux écouter.

N'allez pas faire comme eux; car votre Père sait bien ce qu'il vous faut, avant que vous le lui demandiez.

 

Jean Lafrance :

« (...) faire oraison, c'est faire un acte de foi, de confiance et d'abandon en ce regard du Père qui vient à notre rencontre. En parlant de confiance et d'abandon, je veux surtout parler d'un acte de non-peur et de non-fuite de Dieu car son approche provoque toujours la crainte chez l'homme qui perçoit cette proximité. En un certain sens, il a peur de se laisser brûler ou, pour le dire plus vulgairement de 'se laisser avoir'. Mais avant de faire un acte de foi dans ce regard, il faut le percevoir, soit au-dehors, soit au-dedans du coeur. Il faut qu'un 'déclic' s'opère en nous, que le regard du Père s'illumine pour nous et devienne une réalité vivante » (Notre Père, 2. Le don de l'oraison, ch. 1,4).

 

Thérèse d'Avila :

C’est « l'humilité, la vertu la plus puissante sur le cœur de Dieu », « qui l'a amené du ciel dans les entrailles de la Vierge, et elle aidant, il suffit d’un cheveu pour le lier à notre âme. Sachez que plus on est humble, mieux on le possède, et on le possède d’autant moins qu’on manque d’humilité, car je ne puis comprendre qu’il y ait, qu’il puisse y avoir, humilité sans amour, ni amour sans humilité, de même qu’il n’est pas possible que ces deux vertus existent sans un grand détachement de tout le créé » (Chemin 16,2).

 

Mt 6,31-34 :

Ne vous inquiétez donc pas en disant: Qu'allons-nous manger? Qu'allons-nous boire? De quoi allons-nous nous vêtir? Ce sont là toutes choses dont les païens sont en quête. Or votre Père céleste sait que vous avez besoin de tout cela. Cherchez d'abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain: demain s'inquiétera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.

 

Catéchisme de l'Eglise Catholique

2712 L'oraison est la prière de l'enfant de Dieu, du pécheur pardonné qui consent à accueillir l'amour dont il est aimé et qui veut y répondre en aimant plus encore (cf. Lc 7, 36-50; 19, 1-10). Mais il sait que son amour en retour est celui que l'Esprit répand dans son cœur, car tout est grâce de la part de Dieu. L'oraison est la remise humble et pauvre à la volonté aimante du Père en union de plus en plus profonde à son Fils bien-aimé.

2713 Ainsi l'oraison est-elle l'expression la plus simple du mystère de la prière. L'oraison est un don, une grâce; elle ne peut être accueillie que dans l'humilité et la pauvreté. L'oraison est une relation d'alliance établie par Dieu au fond de notre être (cf. Jr 31, 33). L'oraison est communion: la Trinité Sainte y conforme l'homme, image de Dieu, "à sa ressemblance".

2714 L'oraison est aussi le temps fort par excellence de la prière. Dans l'oraison, le Père nous "arme de puissance par son Esprit pour que se fortifie en nous l'homme intérieur, que le Christ habite en nos cœurs par la foi et que nous soyons enracinés, fondés dans l'amour" (Ep 3, 16-17).

 

 

Aimer les autres comme Jésus nous a aimés

Si le second commandement est semblable au premier, alors l'authenticité de l'amour pour Dieu, qui est au coeur de l'oraison, se vérifie dans l'amour effectif pour les autres.

Mais inversement, la pratique d'une oraison vraie développe la qualité de notre amour pour le prochain...

 

Jn 13, 34-35 :

Je vous donne un commandement nouveau: vous aimer les uns les autres; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres.

A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: si vous avez de l'amour les uns pour les autres.

 

Mt 5, 23-24 :

Quand (…) tu présentes ton offrande à l'autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère; puis reviens, et alors présente ton offrande.

 

1 Jn 4, 7-8.20-21 :

Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l'amour est de Dieu et que quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est Amour (…).

Quant à nous, aimons, puisque lui nous a aimés le premier. Si quelqu'un dit: "J'aime Dieu" et qu'il déteste son frère, c'est un menteur : celui qui n'aime pas son frère, qu'il voit, ne saurait aimer le Dieu qu'il ne voit pas. Oui, voilà le commandement que nous avons reçu de lui: que celui qui aime Dieu aime aussi son frère.

Toujours prier sans jamais se décourager

Lc 18, 1 :

Et il leur disait une parabole sur ce qu'il leur fallait prier sans cesse et ne pas se décourager.

 

1 Th 5, 16-18 :

Soyez toujours dans la joie, priez sans cesse, rendez grâce en toute circonstance, car c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus.

 

Jésus annonce en même temps les difficultés inévitables de la prière et l'espérance de pouvoir les traverser avec lui.

Il invite à chercher « la prière continuelle » dans toute la vie et non seulement durant les temps de prière. Ce ne peut donc être qu'une prière « du coeur ».

Ignace de Loyola, contemplatif dans l'action, invitait à « s'exercer à chercher et trouver Dieu en toutes choses. »

 

Mais les maîtres spirituels n'excluent pas les temps consacrés explicitement à l'oraison et à la régularité quotidienne...

Il vaut mieux un peu de temps chaque jour que du temps consacré au gré des humeurs, selon les jours et « les emplois du temps » remplis de choses « urgentes »...

 

Jésus a duré dans la prière. Il a aussi multiplié les prières, surtout aux heures difficiles.

 

Lc 22, 39-46 :

Il sortit et se rendit, comme de coutume, au mont des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. Parvenu en ce lieu, il leur dit: "Priez, pour ne pas entrer en tentation." Puis il s'éloigna d'eux d'environ un jet de pierre et, fléchissant les genoux, il priait en disant: "Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse!" Alors lui apparut, venant du ciel, un ange qui le réconfortait. Entré en agonie, il priait de façon plus instante, et sa sueur devint comme de grosses gouttes de sang qui tombaient à terre. Se relevant de sa prière, il vint vers les disciples qu'il trouva endormis de tristesse, et il leur dit: "Qu'avez-vous à dormir? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation."

 

He 5, 7-9 :

C'est lui qui, aux jours de sa chair, ayant présenté, avec une violente clameur et des larmes, des implorations et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé en raison de sa piété, tout Fils qu'il était, apprit, de ce qu'il souffrit, l'obéissance; après avoir été rendu parfait, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent principe de salut éternel.

 

Lc 18, 1-8 :

Et il leur disait une parabole sur ce qu'il leur fallait prier sans cesse et ne pas se décourager.

"Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et n'avait de considération pour personne.

Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait le trouver, en disant: Rends-moi justice contre mon adversaire! Il s'y refusa longtemps. Après quoi il se dit: J'ai beau ne pas craindre Dieu et n'avoir de considération pour personne, néanmoins, comme cette veuve m'importune, je vais lui rendre justice, pour qu'elle ne vienne pas sans fin me rompre la tête."

Et le Seigneur dit: "Ecoutez ce que dit ce juge inique. Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit, tandis qu'il patiente à leur sujet!

Je vous dis qu'il leur fera prompte justice. Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre?"

 

 

Catéchisme de l'Eglise Catholique

2710 Le choix du temps et de la durée de l'oraison relève d'une volonté déterminée, révélatrice des secrets du cœur. On ne fait pas oraison quand on a le temps : on prend le temps d'être pour le Seigneur, avec la ferme détermination de ne pas le lui reprendre en cours de route, quelles que soient les épreuves et la sécheresse de la rencontre. On ne peut pas toujours méditer, on peut toujours entrer en oraison, indépendamment des conditions de santé, de travail ou d'affectivité. Le cœur est le lieu de la recherche et de la rencontre, dans la pauvreté et dans la foi.

 

Thérèse d'Avila

« Je puis dire ce que je sais par expérience : malgré les erreurs commises, celui qui a commencé à faire oraison ne doit pas y renoncer ; c'est le moyen pour lui de se guérir ; sans l'oraison, ce serait beaucoup plus difficile. (…)

Quant à ceux qui n’ont pas encore commencé, pour l’amour du Seigneur je les conjure de ne pas se priver d’un si grand bien » (Vie 8,5).

« (…) tout consiste en une ferme détermination très déterminéede ne point s’accorder de répit jusqu’à ce qu’on y atteigne, coûte que coûte (…) » (Chemin 21,2).

Comment faire oraison?

L'école de Jésus

Lc 11,1

Il advint, comme Jésus était quelque part à prier, quand il eut cessé, un de ses disciples lui dit: "Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l'a appris à ses disciples."

Il leur dit: "Lorsque vous priez, dites: Père, que ton Nom soit sanctifié; que ton règne vienne; donne-nous chaque jour notre pain quotidien; et remets-nous nos péchés, car nous-mêmes remettons à quiconque nous doit; et ne nous soumets pas à la tentation."

 

Comment faire oraison?

Le principe est résumé dans ce passage de l'Evangile !

D'une part, la prière est « donnée » par Jésus, en réponse ici à une demande, et cela se passe dans un contact direct avec le Maître de la prière;

d'autre part, le contenu de l'enseignement est résumé dans une « prière vocale »: le Notre Père (ou « oraison dominicale »).

 

Un contact direct avec Jésus qui prie

La prière « s'apprend » mais c'est par un contact direct avec le Maître de la prière !

Tous les enseignements sur la prière (livres, sessions, internet) et toutes les méthodes n'ont d'utilité qu'à condition de chercher effectivement, dans la prière, le contact avec le seul Maître de la prière. La prière chrétienne ne s'apprend qu'en priant avec Jésus.

 

C'est dans cet unique esprit qu'une « Ecole » d'oraison chrétienne peut, avec d'authentiques priants, proposer un « enseignement ».

L'oraison est une « activité » : on utilise l'expression « faire » oraison (même si c'est surtout, et en tout, Dieu qui « fait »...) ; quand on prie, on se demande d'emblée ce qu'il faut « faire »...

 

La première chose à « faire », c'est d'être avec le Maître de la prière. Quelle que soit la façon de prier, pour « faire oraison », il convient de chercher le contact avec Jésus et avec le Père.

Une méthode « d'oraison » vraiment chrétienne ne propose jamais de « faire le vide », ni de « faire des considérations sur Dieu », ni « de chercher des sensations et des émotions » à l'occasion de la prière. Mais toujours, elle propose de chercher dans la foi « Celui que notre coeur aime » (Ct 3,1). 

 

L'enseignement de "l'oraison dominicale"

Tout ce qu'on peut apprendre sur la prière, ce qu'il faut faire et la manière de le faire, se trouve contenu dans les mots de cette prière. Elle est même « le résumé de tout l'Evangile » (Tertullien).

Le disciple « veut » prier comme son Maître, et donc une méthode de prière est bonne si elle aide à vivre « ce que » dit le Notre Père et « comment » il le dit.

 

Catéchisme de l'Eglise catholique

2601 "Un jour, quelque part, Jésus priait. Quand il eut fini, un de ses disciples lui demanda: Seigneur, apprends-nous à prier" (Lc 11, 1). N'est-ce-pas d'abord en contemplant son Maître prier que le disciple du Christ désire prier? Il peut alors l'apprendre du Maître de la prière. C'est en contemplant et en écoutant le Fils que les enfants apprennent à prier le Père.

2759 (...) C'est en réponse à cette demande que le Seigneur confie à ses disciples et à son Eglise la prière chrétienne fondamentale. S. Luc en donne un texte bref (de cinq demandes: cf. Lc 11, 2-4), S. Matthieu une version plus développée de sept demandes: (cf. Mt 6, 9-13). C'est le texte de S. Matthieu que la tradition liturgique de l'Eglise a retenu:

Notre Père qui es aux cieux,

que ton Nom soit sanctifié,

que ton Règne vienne,

que ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour,

pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés,

et ne nous laisse pas entrer en tentation,

mais délivre-nous du Mal.

2765 L'expression traditionnelle "Oraison dominicale" [c'est-à-dire "prière du Seigneur"] signifie que la prière à Notre Père nous est enseignée et donnée par le Seigneur Jésus. Cette prière qui nous vient de Jésus est véritablement unique: elle est "du Seigneur". D'une part, en effet, par les paroles de cette prière, le Fils unique nous donne les paroles que le Père lui a données (cf. Jn 17, 7): il est le Maître de notre prière. D'autre part, Verbe incarné, il connaît dans son cœur d'homme les besoins de ses frères et sœurs humains, et il nous les révèle: il est le Modèle de notre prière.

2766 Mais Jésus ne nous laisse pas une formule à répéter machinalement (cf. Mt 6, 7; 1 R 18, 26-29). Comme pour toute prière vocale, c'est par la Parole de Dieu que l'Esprit Saint apprend aux enfants de Dieu à prier leur Père. Jésus nous donne non seulement les paroles de notre prière filiale, il nous donne en même temps l'Esprit par qui elles deviennent en nous "esprit et vie" (Jn 6, 63). Plus encore: la preuve et la possibilité de notre prière filiale c'est que le Père "a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils qui crie: 'Abba, Père!'" (Ga 4, 6). Puisque notre prière interprète nos désirs auprès de Dieu, c'est encore "Celui qui sonde les cœurs", le Père, qui "sait le désir de l'Esprit et que son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu" (Rm 8, 27). La prière à Notre Père s'insère dans la mission mystérieuse du Fils et de l'Esprit. 

L'école de la charité et de l'Eucharistie

On ne peut « faire oraison » que comme Jésus nous invite à le faire...

Avant son départ, Jésus a enseigné deux choses à « faire » qui concernent « la communion avec lui », et donc « l'oraison »:

      Faire ce qu'Il a fait en se faisant serviteurs des autres.

      Faire mémoire de lui par la participation au sacrement de l'Eucharistie.

Ces deux gestes, vécus avec une intention pure, expriment la communion avec Jésus.

 

Comment faire « oraison »?

      Jamais sans accomplir le service de la charité,

      ni sans « faire mémoire de Jésus » en revivant ces gestes.

 

La charité et la vie sacramentelle sont essentielles à la pratique de l'oraison...

 

Jn 13,12-17.34-35

Quand il leur eut lavé les pieds, qu'il eut repris ses vêtements et se fut remis à table, il leur dit: "Comprenez-vous ce que je vous ai fait? Vous m'appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Car c'est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j'ai fait pour vous. En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n'est pas plus grand que son maître, ni l'envoyé plus grand que celui qui l'a envoyé. Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites.

(...) Je vous donne un commandement nouveau: vous aimer les uns les autres; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: si vous avez de l'amour les uns pour les autres."

 

Lc 22,15-16.19-20

Et il leur dit: "J'ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir; car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu'à ce qu'elle s'accomplisse dans le Royaume de Dieu." (...)

Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant: "Ceci est mon corps, donné pour vous; faites cela en mémoire de moi."

Il fit de même pour la coupe après le repas, disant: "Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous.

 

1 Co 11,23-26

Pour moi, en effet, j'ai reçu du Seigneur ce qu'à mon tour je vous ai transmis: le Seigneur Jésus, la nuit où il était livré, prit du pain et, après avoir rendu grâce, le rompit et dit: "Ceci est mon corps, qui est pour vous; faites ceci en mémoire de moi." De même, après le repas, il prit la coupe, en disant: "Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang; chaque fois que vous en boirez, faites-le en mémoire de moi." Chaque fois en effet que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne.

 

 

L'école de Marie et de la "lectio divina"

Comment Marie a accueilli Jésus dans sa vie pour le monde?

Autrement dit, comment a-t-elle « fait oraison »?

Le récit de l'Annonciation à Marie nous répond...

Lc 1,26-38

Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth, à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David; et le nom de la vierge était Marie. Il entra et lui dit: "Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi."

A cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation. Et l'ange lui dit: "Sois sans crainte, Marie; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus. Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père; il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin."

Mais Marie dit à l'ange: "Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme?" L'ange lui répondit: "L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre; c'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu'Elisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelait la stérile; car rien n'est impossible à Dieu."

Marie dit alors: "Je suis la servante du Seigneur; qu'il m'advienne selon ta parole!" Et l'ange la quitta.

 

Marie écoute le message de l'ange de Dieu.

Elle se demande ce qu'il signifie.

Elle interroge le Seigneur en vue de correspondre à ce que Dieu veut.

Elle se prête toute entière à l'efficacité de la Parole de Dieu.

 

Ces quatre attitudes de Marie lors de la visite de Dieu rejoignent merveilleusement ce que la tradition séculaire de l'Eglise (spécialement monastique) a reconnu dans sa pratique de la prière et qui est résumé dans l'expression « lectio divina ». Cette « lecture divine » est une lecture particulière : elle est écoute du Seigneur, accueil du Verbe de Dieu dans sa vie. Dieu se communique à l'homme et celui-ci accueille et répond à son offre.

Pour attendre la venue de l'Esprit Saint, le livre des Actes des apôtres suggère d'ailleurs que la première Eglise s'est mise à l'école de Marie pour prier...

 

Ac 1,8.12-14

« (...) vous allez recevoir une force, celle de l'Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. »

(...) Alors, du mont des Oliviers, ils s'en retournèrent à Jérusalem; la distance n'est pas grande: celle d'un chemin de sabbat. Rentrés en ville, ils montèrent à la chambre haute où ils se tenaient habituellement. C'étaient Pierre, Jean, Jacques, André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d'Alphée et Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. Tous, d'un même coeur, étaient assidus à la prière avec quelques femmes, dont Marie mère de Jésus, et avec ses frères.

 

D'une certaine façon, la « lectio divina » est pratiquée spontanément dans la liturgie, spécialement lors de l'Eucharistie.

Elle préside à toutes les méthodes de prière, et elle a précédé l'apparition de celles-ci (qui sont apparues à l'époque moderne). Elle convient à tous les âges (on peut la pratiquer avec des enfants), toutes les psychologies, et tous les états de vie, quelles que soient les étapes de la vie spirituelle. On peut la pratiquer seul ou en groupe. Elle est une prière ecclésiale et mariale.

Ainsi l'on peut dire qu'il n'y a pas de pratique de l'oraison sans un lien direct ou indirect avec elle ! Et si l'on veut voir dans la lectio divina « une méthode », un chemin de prière, alors il faut dire qu'elle est la méthode par excellence, « la voie royale de l'oraison ».

Aussi convient-il de la conseiller à tous, en sachant que toutes les méthodes de prière chrétienne sont issues de celle-là et sont en rapport avec celle-là, car elles ne font que développer l'un ou l'autre aspect de la lectio divina, selon les besoins et les âges de la vie spirituelle...

Qu'on la pratique ou non durant les temps d'oraison, elle a toujours sa place dans une vie d'oraison...

 

Comment pratiquer la « lectio divina »?

 

Remarques préliminaires

Décider d’un lieu et d’un temps (au besoin, me détendre un peu avant).

Prévoir le texte d’Ecriture (par ex. un extrait de la liturgie du jour: Cf.  http://aelf.org/).

M’en tenir au même texte pendant le temps de prière…

 

Pour commencer l’oraison

Me mettre en présence du Seigneur qui va parler.

Toujours invoquer l’Esprit Saint. Louer le Seigneur qui est Parole.

Parcourir avec souplesse la succession des 4 étapes suivantes en prenant bien le temps pour chacune.

 

LIRE (lectio: « Que dit le texte? »)

Lire le texte lentement et de façon désintéressée. Lecture qui est une écoute.

Faire une pause… Reprendre la lecture au moins deux autres fois, avec application, mais sans tension. Ne pas pas passer trop vite cette étape, prendre le temps d'une lecture objective.

 

MÉDITER (meditatio: « Que me dit le texte? »)

C’est-à-dire repasser dans mon cœur, une parole (ou même un seul mot) que j'ai choisie pour une raison ou l'autre (joie, trouble, paix, question...).

Prendre le temps de la répéter, de la laisser résonner très lentement, ou de la goûter...

Pour garder cette parole dans le cœur, je peux éventuellement me poser des questions orientées vers ma relation avec le Seigneur. En particulier :

Que me dit cette parole à propos de Dieu, de Jésus… ?

Que me dit-elle à moi, de la part de Dieu, dans ma vie actuelle ?

Mais sans entrer dans des « réflexions sur le texte » : chercher plutôt dans la foi la relation avec le Seigneur lui-même, à partir de cette parole murmurée…

 

EXPRIMER (oratio: « Qu'est-ce que je réponds à Dieu ? »)

Exprimer à Dieu mon désir profond par une parole vraie, brève, qui vient du cœur.

Ce sera peut-être une louange, une exclamation, une demande, une intercession…

 

CONTEMPLER (contemplatio: « Me taire et m'offrir à l'oeuvre de Dieu »)

Rester en paix et silence avec le Seigneur.

Je laisse le Seigneur faire son oeuvre, je me mets à sa disposition pour que mon esprit et mon coeur se convertissent à lui.

Si elle est donnée, accueillir la grâce de contempler le Seigneur et de regarder « la réalité » avec Lui (sans chercher à « retenir » cette grâce).

Si je ne peux rester dans cette quiétude, je reviens à la 2ème étape, avec une autre parole, et je poursuis…

 

Pour terminer

Remercier ou louer le Seigneur…

 

Pour aller plus loin

Guigues II le Chartreux, Lettre sur la vie contemplative. Cf. http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/bernard/tome05/divers/guigon.htm

Benoît XVI, Verbum Domini, La Parole du Seigneur. Exhortation apostolique post-synodale, 2010.

 

 

Vue d'ensemble sur les méthodes

Il est bon, voire nécessaire, de choisir une méthode, surtout quand on débute dans l'oraison. Cela évite de rester dans le flou, mais cependant on ne doit ignorer que les méthodes poursuivent un même but : nous rendre plus disponible à l'action de l'Esprit Saint.

Une méthode est comme un chemin ou un bâton pour la route mais elle n'est jamais une recette, une technique qui fonctionnerait par elle-même.

 

Sans les principes de base, ou « clés » de l'oraison, la question « comment faire oraison ? » abordée ici se révélerait de peu d'utilité!

Il est conseillé de consulter d'abord la rubrique évoquant ces « Clés »...

Les méthodes sont multiples et variées. Elles comportent toutes un « faire » et un « laisser-faire ». Certaines accentuent le premier aspect : ce que l'homme peut faire, même si c'est toujours en vue d'un plus grand « laisser-faire Dieu ». D'autres, favorisent un passage plus direct à un laisser faire Dieu. On parle ainsi de méthodes plus « actives » et d'autres plus « contemplatives ».

 

Les méthodes de « type méditatif » ont en quelque sorte développé la deuxième étape de la « lectio divina ». Méditer en effet est plutôt de l'ordre de ce qu'on peut « faire » pour se mettre à la disposition de Dieu.

 

Les méthodes de type « contemplatif » ont développé un accès plus direct à la dernière étape de la « lectio divina »... Contempler est plutôt de l'ordre du « laisser faire », de la mise à la disposition envers Dieu.

 

Quand on « médite », on utilise son imagination, sa pensée, sa mémoire, ses désirs...

On peut méditer de plusieurs façons :

en répétant des prières vocales

en utilisant un livre

par l'écoute d'un passage de l'Ecriture

par un regard sur ce qui se passe en soi et dans sa vie

Mais en tous les cas, cette forme d'oraison « méditative » ne sera oraison qu'en étant orientée vers la contemplation, c'est-à-dire vers le contact avec le Seigneur et la mise à la disposition de soi-même à sa volonté. 

Quand on « contemple », on éprouve moins le besoin de ces activités de l'esprit, on cherche plutôt le recueillement avec le Seigneur, dans une relation plus simple, plus dépouillée. On cherche à « lâcher prise », à s'en remettre plus directement à lui.

Mais il existe deux sortes « d'oraison contemplative »:

celle précisément où l'on peut encore faire quelque chose pour mieux s'y disposer;

et celle où l'on y est conduit presque malgré soi : on avait l'habitude de méditer, et de se recueillir, et voilà qu'il n'est plus possible de le faire à son gré, plus rien n'est comme avant ; il se pourrait bien que, par pure grâce de Dieu, nous passions une étape dans la vie spirituelle : l'entrée dans une vie nettement « contemplative » où l'action de Dieu prédomine. Alors la « méthode » n'est plus nécessaire, elle serait même un obstacle à la communion avec le Seigneur.

 

 

 

Faire le pas de l'oraison quotidienne !

Thérèse d'Avila

« Je puis dire ce que je sais par expérience : malgré les erreurs commises, celui qui a commencé à faire oraison ne doit pas y renoncer ; c'est le moyen pour lui de se guérir ; sans l'oraison, ce serait beaucoup plus difficile. (…) 

Quant à ceux qui n’ont pas encore commencé, pour l’amour du Seigneur je les conjure de ne pas se priver d’un si grand bien » (Vie 8,5).

« (…) tout consiste en une ferme détermination très déterminéede ne point s’accorder de répit jusqu’à ce qu’on y atteigne, coûte que coûte (…) » (Chemin 21,2).

 

30 minutes pour Dieu?

André Sève

« Pour être un 'élan vers Dieu', pour entrer dans l'esprit d'oraison et s'y maintenir, il faut un très spécial rendez-vous quotidien avec Dieu. Tous les gens d'expérience sont d'accord sur ce point. Seulement je crois qu'on ne montre pas assez quelle homogénéité doit exister entre le temps de l'oraison et la vie quotidienne (...) Le grand pas à faire avant de se décider à (...) l'oraison, c'est d'accepter comme vraie réalité, comme vérité soleil, le fecisti ad te [c'est-à-dire que Dieu m'a fait pour lui]. Ce sera dur à vivre. Concrètement, cela signifie que je voudrais faire de toute prière (personnelle ou liturgique) des retrouvailles avec Dieu, que je voudrais me donner à mes frères avec l'amour même de Dieu. Ce sont ces désirs qu'on peut appeler état d'oraison, climat d'oraison. Et dans ce climat, vous pourrez en faire l'expérience, pas de difficultés pour trouver 30 minutes par jour.Loin d'être un bain d'irréalité, elles apparaissent alors comme le plus réel de notre vie. Voilà la base de départ la plus sûre pour s'engager dans l'oraison quotidienne. Je parle d'expérience. C'est le jour où j'ai compris l'extrême réalisme du temps consacré à l'oraison que j'ai eu envie de la reprendre, et je me demande ce qui pourrait maintenant me déraciner de là. Les rares fois où j'ai retrouvé la démangeaison de faire dix autres choses très urgentes, plutôt que de perdre ces 30 minutes, j'ai passé ma journée dans la confusion et l'irréalité. Ce 'bout de temps-là' refait de nous un homme normal. Normal selon la foi, bien sûr. Mais après quelle normalité voulons-nous courir? » (Trente minutes pour Dieu, Introduction).

Présence de Dieu (Laurent de la Résurrection)

« Exercice de la présence de Dieu »

inspiré des Maximes de Laurent de la Résurrection 1

Cet exercice peut contribuer à une vie entière d'oraison car il peut se pratiquer à tout moment de la vie, dans l'action comme dans les temps de prière. Il est un moyen pour que toute la vie devienne « spirituelle », c'est-à-dire vie de foi, d'espérance et de charité.

 

    Principe pour y arriver

 

Il faut que nous ayons pour principe de « regarder toujours Dieu et sa gloire en tout ce que nous faisons, ce que nous disons et entreprenons », c'est-à-dire que nous soyons déterminés à surmonter toutes les difficultés pour être les parfaits adorateurs qu'il cherche (cf. Jn 4). Nous ne sommes pas parfaits mais chercher à faire sa volonté et compter sur lui tournera toujours à notre bien...

 

    La pratique de la présence de Dieu

 

1) « La pratique la plus sainte, la plus commune et la plus nécessaire en la vie spirituelle est la présence de Dieu, c'est de se plaire et s'accoutumer en sa divine compagnie, parlant humblement et s'entretenant amoureusement avec lui en tout temps, à tous moments, sans règle ni mesure, surtout dans le temps des tentations, des peines, des aridités, des dégoûts, et même des infidélités, et des péchés » (p. 82).

D'autres expressions disent cet exercice de la présence de Dieu :

« une application de notre esprit à Dieu », ou « un souvenir de Dieu présent », « un acte simple », « une connaissance claire et distincte de Dieu », ou parfois « un regard général et amoureux en Dieu », « une attention à Dieu », « un entretien muet avec Dieu », « une confiance en Dieu », « la vie et la paix de l'âme »...

 

2) Cette pratique consiste en un « acte intérieur », mais nous pouvons faire de tous nos actes extérieurs eux-mêmes une façon de nous entretenir avec Dieu. Pour cela, il faut agir sans précipitation, « travailler doucement, tranquillement et amoureusement avec Dieu, le prier d'agréer notre travail. »

 

3) Pendant nos actions, faire de très nombreuses petites pauses « pour adorer Dieu au fond de notre coeur ». C'est chaque fois une façon de donner la priorité à notre Créateur. Nous faisons de ces pauses des actes d'adoration, avec foi, amour et intention de le servir, et aussi de chercher à progresser en vertu avec l'aide de Dieu.

L'adoration en esprit et en vérité signifie « une humble et véritable adoration d'esprit dans le fond et le centre de notre âme », en sachant qu'il est parfait et que nous sommes pauvres mais qu'il veut nous rendre semblable à lui si nous le voulons.

Dieu peut nous conduire à une union constante avec lui, pourvu que nous soyons aussi libre de l'aimer par-dessus tous les plaisirs naturels ou spirituels.

 

    La grâce de vivre dans la présence de Dieu

 

En pratiquant fréquemment ces actes de présence de Dieu, une habitude peut se former et nous disposer à ce que la pointe de l'âme puisse recevoir la grâce de trouver son repos en Dieu et atteindre « la présence de Dieu actuelle » : « le regard doux et amoureux de Dieu allume insensiblement un feu divin en l'âme. » Dieu se réjouit de sa compagnie et craint même qu'elle ne s'éloigne à nouveau : donc il la gâte de nourriture spirituelle !

 

Pour se préparer à recevoir cette grâce,

Il faut chercher à se convertir : une purification des « sens » est nécessaire pour accéder à la vie « spirituelle ».

Il faut aussi pratiquer la présence de Dieu avec douceur, humilité, amour, sans inquiétude.

D'autre part, Laurent de la Résurrection donne ce conseil très important : que « ce regard intérieur » précède toutes les actions extérieures, qu'il les accompagne aussi de temps en temps dans de petites pauses, et qu'il soit toujours au terme des actions. Autrement dit, c'est « le coeur » qui doit diriger notre être et nos actions.

Des paroles courtes peuvent aider à rester attaché à Dieu.

 

Cette grâce permet

une foi plus vive et plus agissante en toutes circonstances et surtout pour obtenir des grâces dans les tentations. « L'âme voit et sent la présence de Dieu. »

Elle permet une espérance plus forte car elle découvre progressivement la beauté de Dieu.

L'âme est purifiée par le feu de l'amour de Dieu. Elle désire voir Dieu.

« L'âme se familiarise avec Dieu de telle manière qu'elle passe presque toute sa vie en des actes continuels d'amour, d'adoration, de contrition, de confiance, d'actions de grâces, d'offrande, de demande (...). »

Certes, c'est une grâce singulière « mais je dirai pour la consolation de ceux qui veulent embrasser cette sainte pratique, qu'il la donne ordinairement aux âmes qui s'y disposent et s'il ne la donne pas, on peut du moins, avec le secours de ses grâces ordinaires, acquérir par la pratique de la présence de Dieu une manière et un état d'oraison qui approche beaucoup de ce simple regard. » (p. 91).

 

 

1Carme déchaussé (1614-1691). LAURENT DE LA RÉSURRECTION, L'expérience de la présence de Dieu, Texte établi par S. M. Bouchereaux, et présenté par le P. François de Sainte-Marie, Seuil, 1977 (1e éd. 1948), p. 81-91.

L'oraison de recueillement (Thérèse d'Avila)

« Je tâchais autant que possible de vivre en gardant en moi la présence de Jésus-Christ, notre Bien et Seigneur, et c’était là mon mode d’oraison » (Vie 4, 7).

1) Thérèse est « rentrée en elle-même »… 2) Elle y garde la présence de Jésus-Christ… 3) Elle fait oraison en s’entretenant avec Lui…

 

1. Rentrer en soi et faire silence…

a) Des actes simples : un bref examen de conscience, une confession de ses péchés, le signe de croix, s’exposer à la miséricorde de Dieu…

b) Chercher à mettre au repos (ou en silence) ses « puissances » (c.-à-d. les cinq sens externes et les facultés internes : mémoire, intelligence et volonté). Essayer (autant que possible !) de ne pas se soucier de ce qu’elles peuvent réclamer, non pas pour « faire le vide », mais pour se préparer à la Rencontre… Le silence et la solitude aident. Avec l’habitude, ce silence intérieur deviendra plus facile…

 

2. « Réaliser » et garder la présence du Christ en soi…

Tel est le recueillement proprement dit, au sens chrétien. Trois actes simples aussi :

a) « Considérer » : prendre conscience de la présence et de l’identité de Celui à qui on s’adresse… Au-dedans, ce n’est pas l’oisiveté, le vide ou la passivité, mais la conscience « éveillée »...

b) « Se représenter » le Christ présent « en son humanité ». On peut se Le représenter auprès de soi ou devant soi mais, surtout « en soi » parce qu’Il habite réellement le château de l’âme…

c) « Echanger les regards… » « Comme ici-bas deux personnes qui s’aiment beaucoup et se comprennent bien semblent s’entendre sans échanger un signe, rien qu’en se regardant » (V 27, 10). « Je ne vous demande pas pour le moment de penser à lui, ni de beaucoup raisonner, ni d’appliquer votre entendement à de grandes et délicates considérations ; je ne vous demande que de le regarder. (…) Considérez (…) qu’il n’attend que cela, que nous le regardions » (C 26, 3).

 

3. S’entretenir avec le Christ…

a) Parfois nous sortons du silence et nous lui parlons avec franchise, simplicité, spontanéité. « Nous pouvons nous représenter nous-même devant le Christ, nous exercer à vivement nous éprendre de son Humanité sacrée, vivre en sa présence, lui parler, lui demander ce dont nous avons besoin, nous plaindre à lui de nos peines, nous réjouir avec lui de nos joies, et ne pas l’oublier pour autant, sans chercher de prières apprêtées, mais des mots conformes à nos désirs et à nos besoins » (V 12, 2).

b) A certains moments, nous ne pouvons pas demeurer dans la spontanéité et nous prenons appui sur « quelque chose », en particulier l’Ecriture ; non pas pour nous adonner à une méditation « discursive » (un grand travail de l’entendement) mais pour aider la volonté à s’enflammer d’amour pour le Seigneur… « J’ai toujours aimé les paroles de l’Evangile, elles m’ont toujours mieux aidée à me recueillir que les livres très bien composés (…) » (C 21, 4). Il ne s’agit pas seulement d’être spectateur des scènes évangéliques, mais de nous y impliquer, d’y participer, d’y intervenir, spécialement dans les scènes de la Passion du Christ, qui favorisent la méditation « amoureuse ». Quand l’amour est « enflammé », nous pouvons revenir à un entretien plus spontané ou à une oraison de simple regard…

c) Si nous demeurons dans la sécheresse ou les distractions, nous pouvons aussi recourir à un livre, non pas pour transformer l’oraison en un temps de lecture spirituelle, mais pour ouvrir la voie au cœur… Et encore : « (…) tâchez d’avoir une image, ou un portrait de ce Seigneur qui soit à votre goût, non pas pour la porter sur votre cœur sans jamais la regarder, mais pour lui parler souvent ; il vous inspirera ce que vous devez lui dire » (C 26, 9).

 

Les personnes qui s’engagent dans l’oraison « de recueillement », écrit Thérèse, « feront beaucoup de chemin en peu de temps. Ainsi, celui qui voyage sur un navire : pour peu qu’il ait bon vent atteint le terme du voyage en quelques jours, alors que ceux qui vont par voie de terre mettent plus de temps » (C 28, 5).

 

« (…) je vous confesse que je n’ai jamais connu la satisfaction dans la prière jusqu’à ce que le Seigneur m’ait appris cette manière ; et j’ai trouvé cette habitude de recueillement en soi-même si fructueuse que j’ai tenu à vous en parler très longuement » (C 29, 7).

 

(V = Vie ; C = Chemin de perfection).

 

Cfr https://www.carmel.asso.fr/La-pratique-de-l-Oraison.html 

Prière sur la vie (inspirée d'Ignace de Loyola)

« La prière sur la vie » n’est pas une forme d'oraison, mais elle est certainement une aide pour la vie d'oraison. Elle ne consiste pas dans une sorte d'introspection sur sa vie1 mais c'est une forme de prière qui a pour but d’aider à discerner, avec le Seigneur, sa volonté au quotidien, et ainsi d’aider à devenir des êtres plus dociles aux inspirations de l’Esprit. C'est pourquoi elle est très favorable à toute une vie d’oraison (on l’appelle aussi « prière d’alliance » ou « révision de vie », « relecture de la vie »).

 

Principes pour le discernement « spirituel »

 Le discernement « spirituel » n’est pas (ou pas seulement) un discernement « moral » (entre le bien et le mal), ni un discernement « psychologique » (ce qui se passe en moi)…

 On est parfois obnubilé par un problème, mais le plus important dans le discernement spirituel n’est pas « la conclusion » à tirer après une sorte d’introspection de soi (même précédée et suivie par une petite prière !), mais « l’expérience spirituelle », c.-à-d. le mouvement de conversion au Seigneur auprès de Qui se trouvent la lumière et la force pour agir…

 Quand ce mouvement est bien vécu, la « solution » apparaît en son temps comme un fruit mûr de la grâce et de notre liberté : « En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire… » Le vrai et unique problème n’est pas telle question précise mais la docilité au Saint-Esprit

 Chaque question de discernement est l’occasion d’une expérience pascale de mort à soi et de décision de vivre à la suite du Christ, en suppliant et en attendant la lumière et la force de son Esprit Ainsi, le discernement requiert d’une part, l’écoute de la Parole objective de Dieu avec la décision de la mettre en pratique et, d’autre part, la prière de demande pour reconnaître la venue de l’Esprit et agir sous son impulsion…

 1) En ce qui concerne la Parole « objective » de Dieu, il convient d’accueillir ce que dit la Sainte Ecriture et la foi commune de l’Eglise, mais aussi la situation objective personnelle (par ex. la santé) et familiale, ecclésiale et mondaine, à propos de la question à discerner…2

 2) En ce qui concerne l’action de l’Esprit, si profonde en nous, il faut recourir aux signes « en surface », connaître (autour de la question traitée) les mouvements « subjectifs » de notre sensibilité (joies, tristesses, peurs, colères…) mais ensuite, aller plus loin et reconnaître en quoi ils nous renseignent sur l’action de l’Esprit…

Pour les interpréter correctement (par ex. une joie ou une tristesse qui vient de Dieu ou non), il faut tenir compte des situations spirituelles qui ont précédé et suivi ces mouvements : l’enthousiasme dans la prière et le service du Seigneur (est-ce que la foi, la charité, la liberté… sont accrues ?) ou leur contraire…

 Concrètement, le discernement, dans le temps, de l’action de l’Esprit est favorisé, au quotidien, par la pratique de la « prière sur la vie »…

 

Pratique de « la prière sur la vie »3

 1) Nous demandons sa Lumière

Nous n’en restons pas à un regard naturel, introspectif, sur notre vie : nous voulons regarder Dieu à l'œuvre dans notre vie, avec son regard à Lui, et donc nous demandons avec foi le Saint-Esprit…

 2) Nous rendons grâces à Dieu pour les dons reçus

« Rendez grâce en toute circonstance, car c'est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus. N'éteignez pas l'Esprit » (1 Th 5, 18-19). « En tout temps, à tout sujet, rendez grâce à Dieu le Père au nom de notre Seigneur Jésus-Christ » (Ep 5, 20).

 3) Nous revoyons nos actes comme des réponses à Dieu

Ignace conseille de revoir d'abord nos pensées, puis nos paroles, puis nos actions, c.-à-d. d’aller de l'intérieur vers l'extérieur (ce que Dieu nous a demandé et ce qui est survenu en nous -pensées bonnes ou mauvaises-, puis nos paroles et nos actions) ; non seulement voir si nous posons de bonnes ou de mauvaises actions (discernement moral) mais, plus fondamentalement, chercher à voir quelles pensées nous guident habituellement dans nos actions (est-ce l’Esprit Saint qui me guide ?)…

 4) Nous éprouvons une contrition réelle

Le cœur peut aller jusqu’à « se briser », avec des larmes, quand il voit ses fautes et dès lors permettre aussi à la miséricorde divine de s’y engouffrer !

 5) Nous nous engageons dans une conversion concrète

Nous prenons une « résolution » (sur un point précis, non pas sur toute notre vie !) qui, dans la prière, émane de la lumière et de la force du Saint-Esprit… Alors nous décidons, avec l’aide de la grâce divine, d’enlever telle « pierre » qui, dans notre vie, empêche la « Source » de couler… Avec réalisme ( !), nous demandons, encore et toujours, l’aide de l’Esprit Saint…

1 Ambiguïté qui peut être entretenue par le sens qu’on met sous l’expression « examen de conscience »…

2 Il se peut que, déjà à ce niveau, il ne faille pas chercher plus loin le sens dans lequel l’Esprit nous conduit (du moins en ce qui concerne telle décision concrète à prendre) : cela ne demande pas un discernement « plus approfondi »…

3 Inspirée de saint Ignace, Exercices spirituels, n° 43.

Des Sites

Nombreuses indications sur l'oraison sur:

Le site originel des Ecoles d'oraison: www.oraison.net

Le site de la communauté "Miséricorde" en Suisse: www.misericorde.ch

Des fiches par thème sur : https://oraison.apprendreaprier.net/

 

Des Livres

- Le Catéchisme de l’Eglise Catholique… (4ème partie).

- La revue mensuelle Prier (Paris).

- La collection « Prier 15 jours avec… ».

AA VV, Petite philocalie de la prière du cœur (Points Sagesse 20), trad., prés. par J. GOUILLARD, Paris, Seuil, 1979.

Anonyme (un chartreux), Amour et silence (Livre de Vie 130), Paris, Seuil, 1977. 

Anonyme (un frère moine), Gardez vos lampes allumées. L'attention spirituelle, Paris-Fribourg, Ed. Saint-Paul, 1984.

Anonyme (un moine de l'Eglise d'Orient), La prière de Jésus (Livre de Vie 122), Paris, Seuil, 1963.

Anonyme, Récits d'un pèlerin russe (Points Sagesse 14), trad. et présentés par Jean LALOY, Baconnière-Seuil, 1978.

BAUD Philippe, Prier avec le Nouveau Testament, (Foi Vivante – Etudiants), Paris, Cerf, 1994.

BENOÎT XVI, A l'école de la prière, Parole et Silence, 2013.

BLOOM A., L'école de la prière (Livre de Vie 143), Paris, Seuil, 1972.

BLOOM A., Prière vivante (Foi Vivante 185), Paris, Cerf, 1981.

BOUYER Louis, La méditation contemplative, Chambray, C.L.D., 1982.

BRO Bernard, Apprendre à prier (Foi Vivante), Paris, Cerf, 1965.

CAFFAREL Henri, Cinq soirées sur la prière intérieure, Paris, Feu Nouveau, 1980.

CANTALAMESSA R.-MAGGIONI B., Prier en esprit et en véritéLa prière selon la Bible, Paris, Salvator, 2011.

DANNEELS G., Espérer et prier. Méditations sur le Notre Père, Paris, Cerf, 2010.

D’AUGUSTIN Antoine, L’oraison, une école d’amour, Parole et Silence, 2006.

DE CAUSSADE Jean-Pierre, Traité sur l'oraison du cœur (Christus 49), DDB-Bellarmin, 1979.

DE LIGUORI Alphonse, Le grand moyen de la prière (Les Plus Beaux Textes de Saint Alphonse), Saint Etienne, 1945.

DELCUVE Jean, Vers l'union à Dieu dans toute la vie, in Vie Consacrée n° 5, 1979, p. 287-304.

FRANCOIS DE SAINTE-MARIE, Présence à Dieu et à soi-même, Seuil, 1949 (rééd. 1995).

GOETTMANN Alphonse et Rachel, Prière de Jésus. Prière du cœur (Sp. Vivantes 122), Paris, Albin Michel, 1994.

GRUN Anselm, Le jeûne, prier avec le corps et l'esprit, Paris, Médiaspaul, 1997.

GUARDINI Romano, Initiation à la prière (Livre de Vie 14), Alsatia, 1951.

GUIGUES II LE CHARTREUX, Lettre sur la vie contemplative (L'échelle des moines). Douze méditations (Sources Chrétiennes 163), Intro. et texte crit. par Ed. COLLEDGE et James WALSH, trad. par un chartreux, Paris, Cerf, 1970.

GUILLAUME DE SAINT-THIERRY, Lettre aux Frères du Mont-Dieu (Lettre d'or), J. Déchanet, 2ème éd. 1985.

HERRAIZ GARCIA Maximiliano, L’oraison, une histoire d’amitié, Paris, Cerf, 1995.

JACQUES Père, Je ne lui dis rien, je l’aime. La prière contemplative, (Québec), Bellarmin, 1999.

JALICS Franz, La prière de contemplation, Namur, Fidélité, 2007.

JORDY Vincent, L’art de la prière (Epiphanie), Paris, Cerf, 2002.

KEATING Thomas, Prier dans le secret. La dimension contemplative de l'Evangile, Paris, La Table Ronde, 2000.

LAFRANCE Jean, En prière avec Marie, Mère de Jésus, Paris, Médiaspaul, 19...

LAFRANCE Jean, La prière du cœur, Paris, Médiaspaul, 19...

LAFRANCE Jean, Le chapelet. Un chemin vers la prière incessante, Paris, Médiaspaul, 1987.

LAFRANCE Jean, Notre Père, 6 t., Paris, Médiaspaul, 1998-2001.

LAFRANCE Jean, Prie ton Père dans le secret, Paris, Médiaspaul, 19...

LAIRD Martin, Voyage au pays du silence. La pratique de la contemplation, Toulouse, Editions du Carmel, 2011.

LE GUILLOU M.-J., Entrons dans la prière du Seigneur, Saint-Maur, Parole et Silence, 1997.

LOEW Jacques, La prière à l'école des grands priants, Paris, Fayard, 1975.

LOUF André, Seigneur, apprends-nous à prier (Foyer Notre-Dame), Bruxelles, Lumen Vitae, 1979.

LUSTIGER Card. Jean-Marie, Premiers pas dans la prière, Nouvelle Cité, 1986.

MARIE-EUGENE DE L'ENFANT-JESUS, Je veux voir Dieu, Tarascon, Editions du Carmel, 3ème éd. 1979.

MARIE-EUGENE DE L'ENFANT-JESUS, L’oraison des débutants (Vives Flammes), toulouse, Ed. du Carmel, 2008.

MARITAIN Jacques & Raïssa, De la vie d’oraison (Parole et Silence), Saint-Maur, 1998.

MARTINI Card. Carlo-Maria, Itinéraire de prière, Paris, Médiaspaul, 1986.

MAURIN Daniel, L'oraison du cœur. Un chemin vers Dieu, (Spiritualité) Paris-Fribourg, Ed. St-Paul, 1993.

MAURIN Daniel, Sept leçons sur l’oraison du cœur, Paris, Médiaspaul, 1990.

MERTON Thomas, Les voies de la vraie prière (Foi Vivante 386), Paris, Cerf, 1997.

NOUWEN Henri J. M., Une seule chose est nécessaire. Vivre une vie priante, (Québecq), Bellarmin, 2001.

ORIGENE, La prière, introduction, traduction et orientation par A.G. HAMMAN (Les Pères dans la Foi), DDB, 1977.

PHILIPPE Jacques, Recherche la paix et poursuis-la. Petit traité sur la paix du cœur, Ed. des Béatitudes, 8e éd. 1991.

PHILONENKO Marc, Le Notre Père. De la prière de Jésus à la prière des disciples, Gallimard, 2001.

RENAULT Emmanuel – ABIVEN J., L’oraison thérésienne, Paris – Toulouse, Ed. du Carmel, 1999.

RICHARD Claude, Jésus en prière aujourd'hui, Paris, Beauchesne, 1984.

RONDET Michel, Petit guide de la prière (Prier), DDB, 2000.

SEVE André, Trente minutes pour Dieu, Paris, Le Centurion, 1974.

SIMONART Jean, Les chemins de la prière intérieure (Pâques Nouvelle), Ed. du Moustier, 1990.

VOILLAUME René, Prier pour vivre (Foi Vivante 29), Paris, Cerf, 1966.